Le Brahmapoutre UNE NOUVELLE GUERRE HYDROÉLECTRIQUE ENTRE L’INDE ET LA CHINE – Franck Vogel

1 Posted by - 17 mars 2015 - reportage voyages

LE BRAHMAPOUTRE, UNE NOUVELLE GUERRE HYDROÉLECTRIQUE ENTRE L’INDE ET LA CHINE

Sans se soucier des risques environnementaux futurs, la Chine et l’Inde se sont lancées dans la construction de barrages sur le Brahmapoutre et ses affluents pour générer d’énormes quantités d’électricité. L’Inde s’inquiète de la construction par la Chine du barrage de Zhangmu (510 MW) suivi de 3 autres en amont sur le Yarlung Tsangpo (affluent majeur, mais qui ne représente que 20% de l’apport en eau du Brahmapoutre). Le gouverneur de l’Arunashal Pradesh – région indienne à la frontière tibétaine – a dénoncé dans les médias un assèchement du fleuve et accuse son voisin chinois. Des nationalistes indiens sont même allés jusqu’à brûler un drapeau chinois à Guwahati en Assam. Tout semble accuser la Chine de monopole sur l’eau.

En Inde, la situation semble beaucoup plus complexe. Le gouvernement a récemment approuvé la construction d’un barrage de 2700 MW à Rottung et celui de Low Subansiri (2004) en Arunashal Pradesh, qui devrait être le premier d’une longue série (plus de 150 sont planifiés). Au total, l’Inde prévoit de générer plus de 50 000 MW d’électricité d’ici à 2020 et ainsi couvrir 10% des besoins du pays. Hélas, sans considération pour les populations locales. Des voix se sont élevées quand le conglomérat d’entreprises en charge de la construction a offert de l’alcool et même de l’opium aux populations tribales. En effet, ils y ont développé une dépendance et n’ont plus assisté aux débats publics. L’Arunashal Pradesh a été préservé du monde extérieur et n’est ouvert que depuis quelques années aux indiens, mais reste revendiqué par la Chine. Des leaders, comme Keshoba Chatradhara « Bhai » en Assam et Egul Padung en Arunachal Pradesh, ont su se fait entendre en organisant des barrages routiers et des manifestations pour dénoncer la corruption et la destruction de leurs terres ancestrales pour la construction de barrages et de routes (pour amener le matériel). Par ailleurs, les risques d’inondation et d’érosion sont très importants en aval des barrages. Selon l’activiste Egul Padung, le barrage va libérer trois fois par jour environ 3500m3/s durant 2 ans…une calamité pour l’agriculture !

 (lire la fin et découvrir d’autres images sur le site de Franck Vogelhttp://www.franckvogel.com/francais/portfolio-brahmapoutre.html

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