Kanatha-Aki : tout l’or du nord – Fabien Bedoucha

1 Posted by - 20 novembre 2014 - reportage voyages

Kanatha aki01 Kanatha aki13 Kanatha aki12 Kanatha aki11 Kanatha aki10 Kanatha aki09 Kanatha aki08 Kanatha aki07 Kanatha aki06 Kanatha aki05 Kanatha aki03 Kanatha aki02

Val-des-Lacs cache un trésor

Un dimanche de janvier. Le ciel est bleu, la neige est cristalline, et il fait -25 degrés. Bon, c’est froid mais nous sommes prêts à vivre une aventure dont tous les touristes rêvent : une tour de traîneau à chiens ! Seul hic, nous ne sommes pas touristes. J’ai grandi ici, entourée de la nature généreuse, m’adaptant au mode de vie et à l’esprit que requiert chaque saison, sans avoir tenté cette expérience pourtant à portée de main, convoitée des visiteurs.

Nous sommes quatre adultes et trois enfants. J’ai déjà les pieds gelés d’avoir marché de ma voiture au chalet d’accueil, ça commence bien! ****Stéphane Denis***, propriétaire, vient à ma rencontre. Sa bonne humeur me réchauffe. Tout, sur la terre abritant le Centre Kanatha-Aki, est vrai. La pureté du décor, l’authenticité des gens qui y travaillent : le summum du vrai. Stéphane fait ce qu’il peut pour réchauffer mes pieds glacés, et me prête des protèges-bottes, m’assurant une randonnée sans engelure. Nous nous préparons : passe-montagne, cache-col, tuque, **googles** de ski, salopettes, manteau, petits gants, chauffe-mains, gros gants, chauffe-pieds et bottes (!!) avant de suivre, tous fébriles, les guides qui eux trouvent qu’il ne fait pas si froid que ça aujourd’hui!

Les chiens aboient. Ils appréhendent la promenade car, nous dit-on, pour eux la balade est un jeu. Divisés en trois groupes et autant de traîneaux, nous recevons de nos guides les directives de sécurité. Mon guide s’appelle ****Félix****. Grand gaillard à la barbiche englacée, il semble faire partie de la meute de chiens duquel il est le **musher**. Les conducteurs canadiens de traîneau de l’époque, pour faire avancer leurs chiens d’attelage disaient «marche». Avec le temps, l’expression est devenue «mush», d’où le **musher**.

Félix a ses propres chiens et les emmène au Centre lorsqu’il guide. Tous les autres chiens de Kanatha-Aki appartiennent à Stéphane, et sont menés en balades par une poignée de guides passionnés. Le signal est lancé, nous partons. Félix et moi sommes côte à côte, debout aux commandes de l’attelage, tandis que mon copain est installé bien au chaud sous une peau tannée, dans le traineau. À mi-chemin, nous échangerons de place.

Félix raconte qu’il entraîne ses chiens dans le but de participer un jour au **Yukon Quest**, aventure de 16 jours (et nuits !) dans le grand nord, reconnue pour son niveau de difficulté. Nous filons à travers le sentier. «Certaines balades durent trois, voire cinq heures selon les forfaits. Les gens peuvent même se rendre en traîneau à un endroit prévu pour la pêche», mentionne Félix. C’est le moment de l’échange. Je m’assois bien au chaud et profite du retour. Après huit km de course et quelques arrêts-photos, les chiens se reposent finalement. Le flot de visiteurs est constant. Aujourd’hui, en plus de nous, il y a des français, des suisses et des asiatiques venus vivre l’expérience.

Nous entrons boire un chocolat chaud. Stéphane nous accueille à nouveau et partage un brin de son histoire : «Je suis né en France. Mon père a fait plus de 80 voyages au Québec, exportant des bisons des bois. Jeune adulte, j’avais une pisciculture de salmonidés, et m’intéressais tout comme lui aux animaux. Venu avec lui en voyage, je suis littéralement tombé amoureux des Laurentides ! Arrivé en 1999, je ne suis jamais reparti», raconte Stéphane. «J’ai acheté cette pisciculture abandonnée, que j’ai nettoyée, pour mettre sur pieds une pisciculture naturelle par gravité (sans pompe), ou le poisson abonde. J’ai créé une réserve protégée pour les bisons des bois, et la vie m’a mené à acheter les chiens de traîneau d’un ami. Au début j’avais 40 chiens, mais là nous en sommes à 79. Nous avons aussi des chevaux», ajoute l’homme passionné et spirituel, en relation de grand respect avec la nature.

Environ 2000 visiteurs explorent les possibilités du Centre Kanatha-Aki chaque année. Au rythme des saisons, plusieurs activités y sont proposées : traîneau à chien, équitation, survie en forêt, pêche (glace, ligne, mouche, à la main), site traditionnel amérindien, raquette, visite du chenil et de la réserve de bisons des bois, nuitée tipi, refuge et cabane du trappeur, journée avec le trappeur, camping sauvage et repas traditionnel.

Le Centre Kanatha-Aki : pour découvrir la vie active de la faune sauvage !

Bénérice Jetté

www.kanatha-aki.com (819) 321-1890