TROIS MOIS CHEZ LES LES BON PO – Frédéric Moutoussamy

0 Posted by - 20 juin 2015 - reportage voyages

NG67j7xTx-hK4ofPgPtJPL43gT6_l-4Cfb9CNG6IZCo,IbgjiRa9OMwpiY7Po_dnnLYqefRMHE0Uch8yXsXzUo0PIvmlY13pPSy9SKb1haGufEaCHKkAWCnUpJlk6bTnUo,fZNFJIgn2xu2aNq5cqvbLR1UNZFjJyJt1Ejm06G-9WU2ioXEIX6f4OZM7UGrQkigF9OovDM4-aHi1QEuDADljg,AxMAsW2BnEFKiwebtbV1tq9K-q84d8whvGcFmAMcTYA3btEX_tPsIZhyRF_2MkRDxRJQqZUYup7gbGTCTRk7Q0,jKSg6DbXQlkuaQxI2kEIEYAKyLxavAyLC3Li64sghtE6Fa6hhVnNUv2HQB5Km6Eo_ysbTalZXOgTo2mIVfqU7Q,2Pj7tR8nZHXQs7rrwtbDxDAiHhvvwHSEqS4HSK8f2rsttaAclx_y9KKFjJUPUOp_tmhhk48Xn_p2c-PYzEE734,A_0e0oPdNNeESCxChQMkAHRjZUKzi4-fc43z3q101cc  ryBxe2KVDctnNW3pzhM0Zsos2Kf2j0Bjiyzr16wXKVk,NL06dRhYQtjt7dUztYQn4uyfH2tslsmymKDTeYy7K8M rBhClC1iAy2x1tAmlZepffA8VoXsrGfjV34mCQ8wOWs,GUnJI8HahHBFEcb8da_qMhsZViyvNNR8GayMUlWEHKs  p4mE5nYK1NAbtrY1BWR1fFV8Hccfn9Y3fOqvW3nDqHU,WkLCOxOhpK6s54XVesWupcy6WZJ3A0y1cKarjv2j_ZI  lYrb361aM_iUYW_4ff20jGkR80EQGBZO0LXUTzY5Jio,T7fVfZHtb410mzuIp53HvJhC-odzNyM_5r789MohV80 kLih125ZPv0HhQDTDtA6S5FiEQQkafqny5r5DsZ27xA,rd6tgQx-7oQmJdrMkpjM8o4tCu6lZNE_5AbZQ4ZL-mU  iSh3y4FzBUhWw9Wy9b-lvRZ5Ni9QtII60hzzqf5ElPI,XUwjvXyZPIX2fkrIvD_K8EF6Wjstr45I5RySz1-QNyQ HSI7XpcXOpTsIMrugGhfwtfv7vNaRLl4VfY_QP6QgEs,Cvc6XUvsqhLsbWGityUCXUd1p4MOOMaouh9niR1HYzg Gd_J4TS50SXmR6zHMp-hVcOyaZ-49MB88_8cDt6r-aI,1-Yu3WbMjsth3W9HYaM0UDOKTM0Th1qWFgWjg8liUxQ DKcs1pFr1fGnpx31pKSNPdYeTIz1Rtrtcnujt_yP04g,vt4AUDuOxMUXhCOuuL3pK0FLwHhlh4h4-ohIZzv9Rr0 CgppelC5OsEEdccLh8Ks7MW1JQnyPe5vXrwm-atHUgI,OWN4TNu0A3GUzOG0WfS9lwE03L7cya6veADuLzd0Y6M bWWQcrmoCnW97QVdDgpFriQ7GfT3OIjuL2RTYXuE6Cw,9jOve9YaOoOmZQA0y7n0y88qBxC6Jvg8LWJ9AzmESUo   5yAcDrehA8__cnKR5_4FYYELMylw-vpbsKRVVxonafs,FVtaxaxBl8jtWz0SSCyITjJUme1lGT5qNEUKy_8ycJ8

Un soir de novembre 2009, j’errais avec ma solitude dansParis entre la place des Ternes et la porte Maillot . Au loin j’aperçois un moine avec une robe de couleur bordeaux, j’hâte mon pas dans l’espoir que ce soit un moine bouddhiste mais j’étais loin d’imaginer un visage européen : »Yungdrung Tenzin, je suis moine Bönpo ». Nous faisons alors connaissance et rapidement une réelle sympathie s’installe entre nous. En février 2010, cette amitié me transporte 3 semaines dans le nord de l’Inde à Dolanji dans le Monastère Bönpo pour assister au nouvel an Tibétain. La même année, j’y reste 3 mois. A mon retour, l’idée d’écrire un livre me travaille mais que dire ? Il faut des années pour comprendre leurs vies… Alors, pour le moment du moins, je préfère vous inviter au voyage avec ces images. Je dédie ce portfolio à Yungdrung Tenzin.

La rencontre d’un homme hors du commun, Yungdrung Tenzin, moine Bönpo m’a reçu pendant plusieurs mois dans son Monastère de Menery en Inde du Nord. Cette experience enrichissante m’a permis de découvrir une religion peut connue. La religion tibétaine bön est très antérieure (en milliers d’années) au bouddhisme arrivé d’Inde au VIIe siècle. Quand le bouddhisme est devenu la religion d’état et la foi dominante au Tibet, le bön s’est trouvé marginalisé et même persécuté. De nombreux pratiquants bönpo ont alors caché leurs précieux textes, peintures et statues, afin de les préserver pour les générations futures. Le yogi Drenpa Namkha décida même de se convertir au bouddhisme pour continuer, en secret, à transmettreles enseignements bön au risque de sa vie. De l’ancien bön animiste et chamaniste s’est degage au XIe siècle le bön « éternel » (yungdrung bön), une religion structurée à la manière du bouddhisme tibétain. Le terme « yungdrung » désigne le svastika, symbole de permanence, d’indestructibilité. A ne pas confondre avec le symbole d’une période noire en occident. Tout comme les quatre écoles du bouddhisme tibétain, la religion bön dispose d’un panthéon impressionnant, composé de nombreux bouddhas masculins et féminins à l’aspect paisible, courroucé ou féroce, et de nombreuses déités. Il existe également une multitude de divinités mineures, esprits de la nature, démons soumis au bön, etc. Au XXe siècle la religion bön a été reconnue comme la cinquième tradition religieuse du Tibet (la première chronologiquement) par sa sainteté le 14ème Dalaï lama. La religion bön est mieux connue internationalement depuis l’implantation hors du Tibet de communautés monastiques yungdrung bön ayant fui l’invasion chinoise au Tibet en 1958 : en Inde, à Dolanji, Himachal Pradesh, dans l’ancien royaume du Zhang Zhung, le Monastère de Menri, fondé vers 1970; puis au Népal, le Monastère de Triten Norbutse, fondé en 1986. Le chef spirituel de la religion yungdrung bön est sa Sainteté Lungtok Tenpai Nyima Rinpoche, né au Tibet, en 1926.

Au Monastère de Menri, les moines y reçoivent un enseignement religieux suivant la voie graduelle des sutras, des tantras, et de la méditation dzogchen. Pendant de nombreuses heures, chaque jour, ils débattent philosophie et théologie au cours de joutes oratoires. Ils étudient également l’astrologie et la médecine tibétaine, la poésie, la danse rituelle. A l’issue de 14 années d’études, ils reçoivent le diplôme de Geshé, équivalent d’un doctorat en philosophie et théologie bön.   Ils enseignent alors au monastère quelques années puis retournent dans leur pays d’origine ou partent en occident. Les textes bön font actuellement l’objet de nombreuses recherches universitaires, et de nombreuses fouilles archéologiques mettent à jour au Tibet chinois des textes bön antérieurs au VIIe siècle. Aujourd’hui, la religion bön ne s’est pas éteinte; elle semble même refleurir de par le monde.

Three months with the Bonpo Meeting with a special person. Yungdrung Tenzin, Bonpo monk, has invited me few months in his monastery in Menery, North of India. This experience has allowed me to discover a little known religion. The Tibetan Bon’s religion is anterior (thousand years) to Buddhism which arrived in India in the VII century. When the Buddhism became a state religion and a dominant faith in Tibet, the Bon has been marginalized and even persecuted. A lot of Bonpo adherents have hidden their precious texts, paintings and statues in order to preserve t

hem for the future generations. The yogi Drenpa Namkha decided to convert to Buddhism to continue, secretly, to teach the Bon, risking his life. From the ancient Bon animistic and shamanistic released at the XIth century “the Eternal Bon” (yungdrung bon) a structured religion like Tibetan Buddhism. The word “yungdrung” means the svastika, symbol of permanence, indestructibility. To do not confuse with the black period in Occident. As the four schools of Tibetan Buddhism, the Bon religion has an impressive pantheon.